Doit-on apprendre aux jeunes à dénoncer les violations ?
15 August 2008
by Mario Rizzolio

Les éducateurs de la REJEDH, une organisation de volontaires, apprennent aux jeunes à reconnaître les violations de droits en Haïti. (Programme VNU/Mario Rizzolio)Les éducateurs de la REJEDH, une organisation de volontaires, apprennent aux jeunes à reconnaître les violations de droits en Haïti. (Programme VNU/Mario Rizzolio)
Port-au-Prince, Haiti: Chaque dimanche après-midi dans la région de Grand’Anse, plus de 150 jeunes issus de plusieurs établissements secondaires ainsi que leurs professeurs d’éducation civique se réunissent pour discuter des défis que représente l’édification d’un état de droit en Haïti et des problèmes auxquels doit faire face la collectivité, particulièrement les jeunes et les femmes.

Cette initiative nommée Espace-Jeunes, est l’une des activités du Réseau des jeunes éducateurs en droits humains (REJEDH). Ce réseau est né des efforts déployés par Peronald Jacquet qui a formé une quinzaine de jeunes sur l’éducation à la citoyenneté et les a motivés à créer leur association. La raison principale qui les a poussés à créer cette association est le constat de la situation des droits de l’homme en Haïti, le but étant de permettre à chacun, à travers la sensibilisation et la formation, de dénoncer les violations.

« La mission de la REJEDH est de promouvoir les droits humains et de travailler à l’édification d’une culture des droits humains en Haïti.» déclare Peronald. « Ce que nous essayons de faire avec les jeunes, c’est de bâtir un leadership collectif permettant à un groupe de jeunes filles ou jeunes garçons de prendre en main le destin de leur collectivité. »

Wesh Jedhro fait partie de l’association depuis deux ans. Il est responsable de l’organisation et de la planification des activités. Lorsqu’il a intégré la REJEDH, il a reçu une formation en surveillance, rédaction de rapports et investigation donnée par la MINUSTAH, la Mission des nations Unies pour la stabilisation en Haïti. Il mène des enquêtes sur le terrain. Lorsque des exactions sont commises, il touche les instances concernées et s’assoit avec le comité du REJEDH pour rédiger les rapports. Séances de formation en droits humains, visites des prisons, et autres, depuis cette première initiative, leurs actions se sont multipliées. Grâce à la surveillance effectuée par la REJEDH, beaucoup de cas de violation des droits de l’homme ont été rapportés. « Dans les prisons, nous avons dénoncé plusieurs cas où les personnes avaient été arrêtées injustement et grâce à notre intervention, elles ont été libérées.» Au commissariat de Jeremie, la détention préventive dépasse souvent les 48 heures prévues par la loi, et les jeunes de la REJEDH ne manquent pas de le rappeler aux autorités compétentes.

Nous sommes aujourd’hui dans un orphelinat de Jeremie, où les membres de la REJEDH sont là pour sensibiliser les jeunes aux droits de l’enfant. L’objectif serait d’obtenir un changement d’attitude de la part des jeunes de l’orphelinat. En même temps qu’ils sensibilisent aux droits de l’enfant, les jeunes de la REJEDH essayent de comprendre si des exactions sont commises, afin qu’elles soient reportées au Ministère des Affaires Sociales, à la Section Droits de l’Homme de la MINUSTAH et/ou au commissaire du Gouvernement.

Du coordinateur au trésorier, en passant par le responsable des relations publiques, la REJEDH s’est dotée d’une structure qui fonctionne et où les jeunes ont le premier rôle. Le mandat du comité expire en juillet, et des élections seront organisées afin d’élire un nouveau conseil d’administration. Les cotisations viennent des membres de l’association qui récoltent aussi des fonds grâce à la vente de produits artisanaux réalisés par les jeunes. Le but de l’association étant de couvrir la grande Anse et les autres départements d’Haïti, tout en contribuant au développement d’une culture des droits humains en Haïti.





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