Tchernobyl: 20 ans après, des volontaires reconstruisent
26 April 2006

De gauche à droite : Olga Kolosyuk, Vyacheslav Bortnik et Yugesh Pradhanang visitent un projet d'installation d'une pompe à eau à Kirdany (Photo: UNV)De gauche à droite : Olga Kolosyuk, Vyacheslav Bortnik et Yugesh Pradhanang visitent un projet d'installation d'une pompe à eau à Kirdany (Photo: UNV)
Bonn, Allemagne: Pour Olga Kolosyuk, l’eau potable représente le progrès dans l’Ukraine post-Tchernobyl. Le fait que son village et ses 1 000 habitants disposent de l’eau potable met en avant tout le travail accompli par la communauté - en particulier la réhabilitation d’un point local de ravitaillement en eau – depuis que celle-ci s’est prise en main pour améliorer son sort.

Olga est l’une des dirigeantes d’une organisation communautaire appelée « Dryzhba », un collectif d’habitants de Kirdany. Elle est l’un des nombreux volontaires qui, avec le soutien du programme des Volontaires des Nations Unies (VNU), a mis en place une organisation communautaire au sein du village. Il existe plus de 200 organisations de ce type, dirigées par les communautés villageoises, dans les 139 villages situés autour de la région affectée par Tchernobyl. Ces communautés s’occupent de régler les problèmes économiques, environnementaux et sociaux dus à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl il y a 20 ans.

Ces structures ont été mises en place entre 2002 et 2005 dans le cadre du Programme de relèvement et de développement pour la région de Tchernobyl (CRDP), une initiative conjointe entre le gouvernement ukrainien, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), les VNU et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH), et financé par le Japon, le Canada et la Suisse.

Le CRDP emploie des équipes polyvalentes de volontaires ukrainiens et internationaux, ainsi que l’assistance technique du bureau du PNUD ukrainien pour travailler auprès des communautés. Ensemble, ils identifient et développent des projets de réhabilitation, tels que la rénovation d’écoles ou l’amélioration de centres de santés communautaires, afin de mieux prendre en charge et soigner les maladies découlant de la catastrophe de Tchernobyl. De 2004 à 2005, 94 projets communautaires ont vu le jour, dont 21 pour améliorer l’état d’écoles, 21 pour la rénovation de centres de santé et 22 en vue de perfectionner le système de distribution de l’eau.

Afin d’améliorer la capacité de ces communautés à mettre en place ces projets, les Volontaires des Nations Unies ont formé des membres de la population en planification de projet mais aussi dans les domaines de la communication, de la formation des cadres, de la mobilisation de fonds ainsi que d’autres aptitudes afin de s’assurer de l’efficacité de la gestion des projets. En 2005, environ 4 000 personnes, dont des représentants des autorités locales, ont participé à ces formations diverses.

« Ils travaillent non seulement afin d’améliorer l’état de la communauté, mais également leur propre condition », déclare Yugesh Pradhanang, un Volontaire des Nations Unies népalais responsable de la supervision de la section des VNU pour le CRDP. « Avant le CRDP, il existait quelque chose comme un syndrome de dépendance – les gens s’attendaient à ce que le gouvernement s’occupe de tout. Le volontariat leur a donné une « baguette magique ». Pradhanang affirme: « Ils sont en train de construire des partenariats et de travailler ensemble avec les autorités locales pour améliorer leur existence. »

La mise en avant du volontariat est un élément important du CRDP. Les Volontaires des Nations Unies ont énormément travaillé afin de rendre les communautés conscientes des bénéfices qu’elles peuvent tirer du volontariat, mais aussi du rôle que ce dernier peut jouer pour faire avancer la communauté. Beaucoup d’efforts ont également été faits grâce au réseau ukrainien déjà existant d’organisations communautaires mais aussi d’autres groupes issus de la société civile, afin de déclencher une prise de conscience sur le volontariat en Ukraine conte certaines idées qui ont leur origine dans l’ancienne Union soviétique. Les écoles, par exemple, ont bénéficié de ce regain d’intérêt pour le volontariat. Autrefois, elles étaient perçues comme des institutions sous la responsabilité du gouvernement. Aujourd’hui, plusieurs écoles faisant partie du CRDP sont des zones de rencontre permettant un engagement au sein de la communauté entre les parents et des personnes sans liens avec l’école mais actives dans le domaine de l’éducation.

« Les gens voient les choses de manière complètement différente », explique Vyacheslav Bortnik, un VNU ukrainien du bureau régional du CRDP. « Lorsque nous sommes arrivés ici, les gens n’avaient aucun espoir en l’avenir et ne voulaient pas croire qu’ils pouvaient changer les choses. Maintenant ils disent, "nous avons fait ceci et nous allons faire cela". Il y a eu un grand changement. »

Le CRDP s’est toujours concentré sur la mobilisation des jeunes. Plusieurs organisations communautaires ont fait de la question des jeunes leur priorité et ont énormément investi afin de créer des opportunités pour améliorer la vie de ceux-ci dans les communautés touchées. Le résultat est que des centres pour la jeunesse ont été inaugurés dans 19 villages entre 2004 et 2005, donnant aux jeunes des endroits où se réunir et mettant à leur disposition de la documentation sur les opportunités sociales et éducatives.

Au-delà des résultats visibles, le CRDP et son action sur le volontariat ont redonné le moral à ces communautés, mais aussi un nouvel espoir et un sens. « Je ressens des choses positives à l’égard du CRDP », explique Valentina Radkevich, responsable d’une association d’organisations communautaires de Listvin, où un centre pour adolescents et un poste de santé ont été installés. « J’ai eu la chance de pouvoir enseigner à d’autres personnes… J’ai presque 60 ans, mais il me reste de la marge pour apprendre encore et c’est vraiment bien lorsque l’on peut aider quelqu’un. »

Iryna Nevmerzhytska, qui s’occupe de jeunes à Kirdany, pense que le volontariat a permis d’atteindre un objectif commun. « La plus grande réussite de ce programme est l’entraide qu’il a permis entre les gens, et où les forces se sont réunies dans un seul but… le bien-être de la communauté », explique-t-elle.

D’autres informations sur la commémoration de la catastrophe de Tchernobyl par les Nations Unies sont disponibles à l’adresse http://chernobyl.undp.org et http://www.chernobyl.inf.





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