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Les Associations Féminines du Burundi
08 March 2004
by Phambu Masanga Tedika

Depuis le mois d’avril 2002, le Programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) soutient le Collectif des Associations et Organisations non gouvernementales Féminines du Burundi (CAFOB). Créé en 1994 sur l’initiative de sept associations burundaises, le CAFOB est considéré comme le plus ancien Collectif et le plus grand cadre de concertation du mouvement associatif féminin de la société civile au Burundi. Il a son siège à Bujumbura.

Le Collectif est l’interlocuteur privilégié des institutions publiques, privées, nationales et internationales pour la promotion de la femme au Burundi. Le CAFOB est constitué de 64 associations de femmes actives dans des domaines aussi divers que la réduction de la pauvreté, l’amélioration de la santé maternelle, la lutte contre le VIH/SIDA, la construction de la paix, la promotion de l’entreprenariat féminin, et la défense des droits des femmes et des enfants. A travers ces associations, le Collectif vise au premier chef à promouvoir la condition des membres des associations, soit environ 100.000 femmes, et à terme, la condition des femmes burundaises dans leur ensemble. Il dispose pour cela de cinq organes chargés de concevoir et d’exécuter les projets communs issus des grandes orientations fixées par l’Assemblée Générale.

Pour une centaine de femmes du collectif, le programme VNU a donné une formation pour renforcer leur capacité à exercer un leadership et participer au processus du développement. Une trentaine d’ateliers ont été organisés sur des sujets essentiels comme la résolution des conflits, la promotion du rôle de la femme, la prévention du VIH/sida, la correspondance, le journalisme et les stratégies de communication. La formation a contribué à consolider les structures du Collectif et des associations qui ont appris à planifier les actions en synergie et à développer un système de communication fiable pour mieux gérer les projets spécifiques et développer un mécanisme de plaidoyer afin de mobiliser des ressources et attirer de nouveaux partenaires.

L’action du programme VNU pour le CAFOB répond à l’Objectif du Millénaire de développement (OMD) visant à « promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, en tant que moyen efficace de combattre la pauvreté, la faim, la maladie et de promouvoir un développement durable. Elle contribue à augmenter le poids des organisations féminines au sein de la société civile, à mieux intégrer les femmes dans les sphères de gestion politique et économique du pays, et à améliorer, de façon significative, le statut social et juridique de la femme burundaise afin de donner une visibilité à son rôle, crucial pour le développement de leur pays.

En coopération avec des partenaires comme l’UNICEF, le programme VNU a facilité la diffusion, presque sur l’ensemble du territoire, de la Convention sur l’Elimination de toutes les Formes de Discrimination à l’Egard des Femmes (CEDEF). Avec l’Association des Femmes Juristes du Burundi, il a aidé à élaborer des textes de lois sur le statut juridique de la femme burundaise, notamment en matière de succession et des régimes matrimoniaux. Pour l’UNIFEM, il a soutenu une campagne menée avec des volontaires et des organisations civiles qui ont informé le public des violations causées à l’endroit des femmes. Enfin, le Ministère de l’Action et de la Promotion de la Femme a rejoint le cadre de concertation établi avec les associations de femmes.

Ces réalisations montrent à quel point le CAFOB se trouve au centre d’une dynamique initiée par la société civile, soutenue par le programme VNU et les partenaires sur le terrain, en vue d’une transformation positive d’une société meurtrie par dix ans de guerre. Il ne faut cependant pas perdre de vue que les capacités des Associations Féminines sont encore très limitées, tant il est vrai que les défis auxquels elles doivent encore faire face restent immenses. Plus de 70% des femmes sont analphabètes ; elles sont les cibles privilégiées de la pauvreté et du VIH/sida et la tradition ne leur accorde pas assez d’espace d’action et de liberté.

(*) Phambu Masanga Tedika, Belge, est VNU gestionnaire de projet au Burundi.